AIBO, LE CHIEN ROBOT CRÉÉ PAR SONY AU JAPON

Aibo le robot chine japonais

Mercredi 10 janvier 2018, la nouvelle version d’Aibo le chien-robot a été présentée par Sony au CES (Consumer Electronic Show), le grand salon de la high-tech grand public, qui s’est tenu à Las Vegas du 8 au 12 janvier 2018. Le petit compagnon à quatre pattes bourré de composants électroniques et d’une épatante intelligence artificielle a même été la star de l’événement grâce à sa bouille toute kawaii et ses fonctionnalités qui le rapprochent d’un vrai petit animal de compagnie. En effet, Aibo est un robot qui est capable d’aboyer, de reconnaître d’autres animaux, de jouer avec eux et ses propriétaires et qui agit tout simplement comme un chiot. Les Japonais aiment les machines robotisées, comme le robot-chien qui renifle les pieds pour détecter les mauvaises odeurs, et celui-ci s’affiche ainsi comme une sympathique vitrine du groupe japonais pour montrer sa capacité d’innovation, après le relatif échec du premier modèle.

UN MONSTRE DE TECHNOLOGIE À LA CONQUÊTE DU PUBLIC JAPONAIS

Un robot-chien plus vrai que nature grâce à ses capteurs et sa caméra

Un site Internet a été totalement dédié au nouveau « jouet » lancé par Sony. Disponible en anglais, on y apprend beaucoup de choses intéressantes et pour le moins impressionnantes, vidéos à l’appui. Ainsi, la première impression qu’Aibo nous donne est excellente, avec ses formes arrondis (le précédent était plus carré), ses yeux attachants, avec évidemment des clignements et des clins d’œil, et son petit aboiement irrésistible. Grâce à ses capteurs, ses yeux sont une vraie vitrine pour connaître ses sentiments. Un seul regard est suffisant pour savoir ce dont il a besoin et ses expressions pleines de vie conduisent toute personne qui croise son chemin à ressentir une sorte d’émotion. Il a beau être une machine, il ne laisse pas insensible et donne au contraire l’envie de s’en occuper, de jouer avec et de lui faire plaisir. Tout comme avec son animal de compagnie ! Aibo est programmé pour avoir les mêmes attitudes qu’un petit chien avec par exemple le souci de se gratter quand quelque chose le démange derrière l’oreille, de lever la patte contre le pied d’une table (sans avoir besoin de nettoyer derrière) ou, lorsque vous rentrez à la maison le soir, avec des mouvements de joie et la queue qui bouge. Ses oreilles se redressent aussi et il remue sa tête quand quelque chose qu’il a mal assimilé entre dans son champ visuel.

Aibo, prouesse réalisée par la compagnie japonaise d’électronique de loisir

Votre nouvel animal de compagnie évoluera différemment selon son environnement, de sorte qu’aucun robot ne se ressemble. Chacun développe sa propre curiosité et on ne peut jamais être sûr(e) de la façon dont il va réagir à telle ou telle situation. Il réagit aux obstacles grâce aux capteur et à la caméra placée dans ses yeux. Et il modifie évidemment son attitude en fonction de ce qui se présente à lui. Il a aussi une capacité d’écoute à toute épreuve et enregistre les voix, tournant la tête dans leur direction. Il apprécie surtout les caresses et les objets de couleur rose mais devient nerveux lorsqu’il doit aborder les hauteurs ou les endroits étroits. La mémoire d’Aibo est très développée : environnements, personnes, sons, il enregistre tout et se souvient. Une application permet de rester connecté(e) à distance avec lui. On peut aussi lui demander de prendre des photos et lui apprendre de nouveaux mouvements. À terme devrait être installée une boutique en ligne pour lui apprendre encore d’autres fonctionnalités. Toute cette haute technologie a un coût et le site offre la possibilité aux Japonais désireux de se procurer un nouveau compagnon de passer commande pour 198.000 yens, soit l’équivalent de 1500 euros !

Le site de Sony : Aibo

UN CHALLENGE POUR SONY DANS LE PAYS DES NEKO CAFE

Une « alternative » à l’animal de compagnie pour les Japonais

Aibo a été conçu pour remplir de joie le cœur de ses propriétaires mais il n’a pas toujours fait celui de Sony. L’entreprise japonaise voyait grand avec la première version d’Aibo qui avait été lancée en 1999 mais le succès n’a pas été aussi grand qu’avec le Walkman ou la Playstation. Les habitations et appartements des Japonais sont généralement petits. Et avec leur rythme de vie qui les éloigne de leur habitat pendant une grande partie de la journée, avoir un animal de compagnie n’est pas toujours chose aisée. D’autant plus que cet animal a besoin d’une présence et d’une attention que beaucoup de Japonais, même avec le souhait d’en avoir un, ne peuvent apporter. C’est à cette fin que sont apparus dès 2004 les neko cafe (bar à chats), pour permettre aux amoureux des animaux qui ne peuvent pas en avoir à leur domicile de passer quelques instants avec eux dans un cadre adapté et privilégié. Le marché japonais était donc tout-à-fait adapté au petit compagnon sans poils mais, malgré plusieurs versions et une commercialisation aux États-Unis, il ne s’en était vendu que 150.000 sur les neuf premières années et sa commercialisation avait donc été interrompue en 2007.

Une revanche à prendre pour Sony au Japon

Néanmoins, beaucoup de Japonais sont restés fans de ce compagnon qui n’a pas besoin d’exercice physique, de toilettage ou de séances pipi, et y sont restés fidèles. A tel point qu’une clinique pour réparer les robots malades, ou même des cérémonies funéraires, avaient été mises en place dans le pays. Avec le retour d’Aibo et au vu de l’engouement qu’a suscité sa présentation au Japon, surtout auprès d’enfants, on pourrait penser que le petit chien-robot, avec sa frimousse arrondie, sa passion du rose et sa faim de caresses, devrait connaître un autre destin que son prédécesseur. Le site de Sony qui titre « a new story begins » (« une nouvelle histoire commence ») et surtout les nombreuses publicités qui passent à la télévision et qui montrent le petit chien-robot pourraient bien donner à Aibo cet élan vers un succès qui lui tend la patte.

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Michael Amerigo

Rédacteur en chef | 📕 "Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant, je vous dis que Salomon même, dans toute sa magnificence, n'était point vêtu comme l'un d'eux." (Nouveau Testament | Matthieu 6.28)