AKI BASHO 2018 : LES YOKOZUNA MONGOLS EN TÊTE À MI-PARCOURS

Tournoi de sumo

Dimanche 16 septembre s’est tenue la huitième journée du Aki Basho 2018, l’un des six grands tournois, ou honbasho, qui rythment la saison de sumo au Japon. Cette journée est celle de la bascule entre les première et seconde semaine d’un tournoi. C’est aussi celle à partir de laquelle on peut commencer à comptabiliser les make-koshi et les kachi-koshi (différentiel entre défaites et victoires). Cerise sur le gâteau, cette journée du dernier tournoi à Tokyo de l’année a en plus été riche en surprises.

HAKUHO ET KAKURYU FONT CARTON PLEIN

Pour la première fois de l’année, du fait des blessures des différents yokozuna (rang le plus élevé du sumo) et notamment du Japonais Kisenosato, un tournoi accueille les trois détenteurs du rang. De plus, tous n’étaient pas forcément apparus à leur meilleur niveau lors des précédents basho, notamment le plus titré de l’histoire, le Mongol Hakuho. Or la bonne surprise de cette première semaine est que les trois yokozuna sont au top de leur forme et que les blessures de Hakuho et Kisenosato semblent un lointain souvenir. Conséquence immédiate au classement, les deux yokozuna mongols, Kakuryu (vainqueur des tournois de mars et de mai) et Hakuho affichent huit victoires pour aucune défaite et sont les seuls à ce stade de la compétition, Kisenosato enregistrant six victoires. Les résultats de ce dernier sont d’autant plus scrutés que, selon ses dires, ils auront une conséquence immédiate sur la poursuite de sa carrière.

Il était donc attendu après avoir abandonné au tournoi de janvier et renoncé aux trois honbasho suivants. À la grande joie de ses supporters, il a commencé son tournoi de la meilleure façon qui soit, enchaînant cinq victoires lors des cinq premières journées. Lors de la sixième journée il a malheureusement chuté face au maegashira (sumotori sans rang défini) Chiyotairyu, qui enregistrait là sa première victoire. Plus inquiétant, lors de cette huitième journée il a semblé manquer de puissance face au komosubi (quatrième rang du sumo) mongol, Tamawashi, qui venait pourtant d’enchaîner sept défaites, se faisant pousser hors du ring, soit oshidashi. Beaucoup plus maîtres de leurs combats, Kakuryu et Hakuho ont quant à eux fait forte impression. Le dernier ayant multiplié les uwatenage, envoyant « valser » ses adversaires à terre, avec fermeté et une pointe d’arrogance, mais surtout beaucoup de détermination.

SANG, SABLE ET BAFFES POUR LES OUTSIDERS

Derrière les trois yokozuna, plusieurs lutteurs étaient attendus. Tout d’abord le ozeki (deuxième rang) géorgien Tochinoshin qui est kadoban pour ce tournoi, à savoir sous la menace d’une rétrogradation s’il n’est pas kachi-koshi après quinze jours, autrement dit s’il n’affiche pas plus de victoires que de défaites. Sous pression, au troisième jour, il s’est laissé emporter à terre par son élan face au komosubi (quatrième rang) Takakeisho. Le lendemain, il battait un autre komosubi, mais se blessait gravement à l’œil (photo) et devait recommencer son combat le visage en sang. Soigné mais handicapé, il ne put alors résister pour son sixième combat à la charge du sekiwake Mitakeumi qui l’a poussé hors du dohyo. Après huit journées, Tochinoshin affiche cinq victoires et trois défaites mais a déjà rencontré cinq des dix rikishi de la division sanyaku, l’élite du sumo.

Très attendu après sa victoire en juillet à Nagoya, le jeune sekiwake Mitakeumi a parfaitement réussi son début de tournoi, malgré un combat rugueux qu’il a fini en sang (photo) contre le komosubi Takakeisho qui a cette fois encore multiplié les harite, en français les grosses baffes, dont il avait aussi gratifié Kisenosato le deuxième jour. Si la défaite de Mitakeumi face au ozeki Goeido lors de la sixième journée n’a rien de surprenant, celle de ce dimanche face au maegashira Ikioi, qui venait de subir sept défaites, est en revanche plus ennuyeuse. Mitakeumi a besoin de onze victoires dans ce tournoi pour pouvoir accéder au rang supérieur de ozeki. Or il doit encore rencontrer les trois yokozuna et aussi le ozeki Takayasu. Ce dernier, dans son style inimitable où la placidité et l’indolence ne sont que façade, a fait jeu égal avec les yokozuna jusqu’à cette huitième journée où il s’est incliné face au maegashira Shodai. Il reste néanmoins bien placé, tout comme son compère ozeki Goeido.

Enfin deux maegashira ont su se faire remarquer durant cette première semaine. Bénéficiant d’un parcours sans face à face avec des sanyaku, Hokutofuji et Ryuden affichent ainsi sept victoires pour une seule défaite. La lutte pour le yusho reste donc ouverte et promet une seconde semaine animée avec les combats entre prétendants.

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Alexandre Joly

Rédacteur | 📕 "Il y a, sans doute, beaucoup de langues différentes dans le monde, mais aucune n'est sans signification ; et si je ne connais pas le sens des mots, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle, à mon sens, sera un barbare." (Nouveau Testament | Corinthiens 14.10-11)