ALCATRAZ : LE RESTAURANT-PRISON DE TOKYO

Le restaurant prison de Tokyo

À Tokyo, vous pouvez aller si le cœur vous en dit dans un lieu lugubre appelé « Alcatraz E.R.« . Ce n’est pas comme à San Francisco une prison dans laquelle sont enfermés les pires criminels du pays mais un restaurant à thème, comme il y en a beaucoup dans la capitale japonaise, qui vous plonge dans les couloirs d’une prison. Vous n’y êtes pas enfermé(e) après avoir commis un délit mais bien parce que vous l’avez choisi. Et en plus d’y être détenu, vous pouvez aussi faire l’objet de tests cliniques car l’endroit se révèle être également un hôpital. Bref, vous venez de mettre les pieds dans l’un des izakaya les plus étranges de Tokyo, dans lequel Halloween se célèbre tous les soirs, à l’instar de la maison hantée d’Odaiba, et pour une soirée que vous n’êtes pas prêts d’oublier !

UN RESTAURANT JAPONAIS SUR LE THÈME DE LA PRISON

À l’approche du bâtiment dans lequel se trouve le restaurant-prison, l’ambiance est déjà très particulière. Déjà, les bars, boîtes de nuit et love hotel en grand nombre de ce quartier de Shibuya laissent entendre que nous sommes dans un coin assez spécial de Tokyo. C’est en tout cas ici qu’a pris racine en 2001 l’un des plus vieux et effrayants restaurants à thème du Japon. Une fois à l’intérieur du bâtiment, qui ne paye pourtant pas de mine vu de l’extérieur, vous devez vous rendre au deuxième étage. Une musique glauque se fait entendre avant même l’ouverture des portes de l’ascenseur. Et une fois que vous franchissez le palier de ce restaurant pas comme les autres, c’est le cauchemar qui commence pour vous. Vous atterrissez dans un lieu très sombre et décoré des pires objets que l’on puisse imaginer sur le thème de l’hôpital, abandonné ou encore en activité.

Vous êtes alors pris en charge par des serveurs et serveuses qui se révéleront au final être des infirmiers et infirmières. Si l’humeur leur en dit, ils pourront essayer de s’exprimer en anglais mais s’ils veulent vous laisser dans votre galère, seul le japonais sera maître en ces lieux. Le personnel jugera selon votre état de santé (ou de dangerosité) s’il est nécessaire ou non de vous menotter pour vous mener à votre table. Attention car la camisole de force n’est pas très loin ! Et bien entendu, si vous avez choisi de manger dans une prison, ce n’est pas pour avoir une belle vue sur la ville mais bien pour vous retrouver entre les quatre murs d’une véritable cellule et derrière des grilles métalliques fermées à clé ! Mieux vaut prendre ses précautions ou aller se laver les mains avant d’être enfermés car le personnel sera intransigeant et très hésitant à vous laisser sortir pour aller aux toilettes. Ces dernières sont sur le même thème que le restaurant : décrépies, sales, terrifiantes, avec des graffitis partout, pour bien vous montrer dans quel endroit vous avez osé pénétrer et vous laisser frissonner en imaginant les pires surprises qui vous attendent au bout du couloir. Mais sachez que rien ne peut laisser présager de la soirée terrifiante qui se profile !

LES BOISSONS ET PLATS ORIGINAUX D’UN HÔPITAL

Vous êtes peut-être venu pour le décor de film d’horreur, mélange de prison délabrée et d’hôpital moisi, mais vous êtes peut-être venu aussi dans l’intention de vous restaurer. Le staff de la prison a tout prévu pour cela et la carte fait l’étalage de tous les délices qui seront préparés avec amour (plutôt avec haine dans ces circonstances) dans les cuisines du restaurant. Le site officiel qui n’est disponible qu’en japonais vous la présente en long et en large dans la section « FOOD & DRINK« . Vous n’avez qu’à cliquer dessus dans la barre du haut et vous la verrez apparaître. Cliquez encore dessus et vous l’aurez en plein écran. L’avantage de la version numérique est que vous n’aurez pas le sang des clients précédents sur vos doigts et qu’il vous faudra juste appuyer sur la souris pour voir défiler devant vos yeux exorbités les pages et les photos des plats. Alcatraz est plus en ce sens un izakaya qu’un restaurant, c’est-à-dire un type de bar japonais dans lequel une variété de petits plats, généralement bon marché (de 400 à 1100 yens ici, soit entre 3 et 8 euros environ), et des snacks sont servis pour accompagner les boissons. Vous serez sans doute tenté(e) par ce foie humain visible en page 8 et servi dans le plat en métal utilisé dans les blocs opératoires (qui n’est en fait qu’une simple omelette), ou le curry bleu. En-dehors de la carte classique des alcools (sauf pour la bière servie dans un urinoir), les plus délirantes et moins alcoolisées sont toutes présentées dans des ustensiles d’hôpitaux tels une fiole, une poche pour transfusion, un gobelet en plastique, un biberon ou une seringue.

Comme souvent, au plus vous serez de fous au plus l’ambiance et l’expérience seront fortes. Le restaurant est prévu pour une capacité de 150 personnes et le site, dans la section « PHOTO GALLERY » vous présente quelques unes de leurs cellules. Des salles sont également prévues pour recevoir des anniversaires jusqu’à 60 personnes. Ne pensez toutefois pas y aller avec des enfants car ils ne sont pas acceptés à l’intérieur du restaurant. De par le thème morbide bien sûr, de par la nature des plats ou boissons ensuite (des sex toys peuvent faire partie des ustensiles utilisés pour la concoction des potions spéciales), et surtout à cause du spectacle qui vous sera offert en dessert. Les lumières s’éteignent alors et des sirènes assourdissantes se déclenchent, annonçant un grand moment de frayeur avec un détenu fou qui s’est évadé ! Vous aurez beaucoup de mal à vous remettre d’un tel repas, mais vous l’aurez au final bien choisi.

INFORMATIONS PRATIQUES SUR L’IZAKAYA

Adresse :
Harvest Building, 2ème étage, 2-13-5, Dogenzaka, Shibuya-ku, Tokyo, 150-0043
Dans le quartier Dogenzaka ou « Love Hotel Hill« .

Accès :
À moins de 10 minutes de la station JR de Shibuya, sortie Hachiko

Téléphone (réservation recommandée):
03-3770-7100

Horaires :
Du dimanche au jeudi : 17h – 23h30
Vendredis et samedis 17h – 4h

Prix moyen du dîner :
Entre 3500 et 4000 yens, soit autour de 30 euros

Coût additionnel :
Une charge de 500 yens, soit environ 3,5 euros, par personne incarcérée est prélevée à la fin du repas.

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Michael Amerigo

Rédacteur en chef | 📕 "Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant, je vous dis que Salomon même, dans toute sa magnificence, n'était point vêtu comme l'un d'eux." (Nouveau Testament | Matthieu 6.28)