HISTOIRE DU JAPON : LA PRÉHISTOIRE

Histoire du Japon, préhistoire

La périodisation de la Préhistoire est par définition imprécise : l’absence de texte et de sources précises laissent à l’historien une marge de manœuvre conséquente dans ces estimations. De plus, l’absence d’événements fondateurs et la nature plus culturelle que juridique de ces périodes, ajoutée au temps long de leur propagation sur le territoire japonais, font que les dates de transition peuvent s’étendre et se chevaucher. Ainsi pour la délimitation finale de cette période il a été choisi de la placer après la période dite des Kofun, soit jusqu’à l’usage de l’écriture et l’introduction du Bouddhisme dans l’archipel, quand certaines périodisations placent la période des Kofun dans l’Antiquité et un large sous-ensemble appelé, « Période du Yamato ».

PÉRIODE PALÉOLITHIQUE OU PRÉCÉRAMIQUE (DE 40.000 AVANT JC À 11.000 AVANT JC)

C’est l’époque du premier peuplement du Japon et de la réalisation des premiers objets en pierre. Pendant longtemps, il fut pensé que le peuplement du Japon était tardif. Mais en 1931, la découverte d’un fragment de bassin humain, puis surtout en 1949 celle d’objets lithiques sur le site de Iwajuku dans la préfecture de Gunma, permirent alors d’affirmer que le peuplement du Japon est au moins antérieur à 40.000 ans avant Jésus-Christ (av. JC). À cette époque de glaciation, les eaux des océans étaient plus basses que de nos jours et le passage avec le continent était possible au nord et à l’ouest tant pour les animaux que pour les hominidés.

PÉRIODE JOMON (DE 10.000 AVANT JC À 300 AVANT JC)

Le nom de cette ère vient du style de décoration des céramiques de cette époque, dites poteries à cordes. Ce temps est celui de la réalisation des premières poteries, les plus anciennes du monde. C’est vers 7.000 av. JC que sont fabriqués les premiers dogu, figurines de terre cuite. Jomon est une période qui intrigue par son originalité : en effet dans l’évolution des civilisations, il est courant d’associer la poterie à la sédentarisation et à une société agropastorale (culture et élevage). Or au Japon, la société de l’époque est encore composée de chasseurs-cueilleurs qui, s’ils ont laissé des traces d’installation, n’hésitent pas à retourner au nomadisme.

PÉRIODE YAYOI (DE 500 AVANT JC À 250 APRÈS JC)

Le nom de cette ère vient d’un quartier de Tokyo où a été découverte la première poterie du genre, bien que la culture qu’elle porte se soit développée en premier lieu dans l’Ouest. Cette période se caractérise par l’entrée du Japon dans la protohistoire avec une société qui adopte l’agriculture (riziculture), découvre la maîtrise du travail du bronze et du fer et se sédentarise définitivement. Ces techniques et modes de vie arrivent essentiellement de la péninsule coréenne. C’est aussi à cette époque que pour la première fois il est fait référence aux habitants de l’archipel, nommés les Wa dans un document écrit chinois : les chroniques des Wei.

PÉRIODE DES KOFUN (250 APRÈS JC À 550 APRÈS JC)

Le nom de cette ère vient des grandes sépultures qui la caractérisent. Les kofun sont des grands tertres funéraires de tailles et formes différentes (la période commence lorsqu’ apparaissent ceux en forme de trou de serrure, comme celui de Sakai prés d’Osaka). C’est à cette époque que commence à éclore un embryon de structure étatique au Japon, dans la plaine du Yamato dans le Kansai, à la tête duquel un se trouve « grand prince », l’O-Kimi. Les sources écrites chinoises notent ainsi l’existence de rois avec lesquels ils entretiennent des relations. Des migrations venant de Corée sont attestées, apportant de nouvelles technologies (tissage de la soie, élaboration du papier, domestication du cheval), renforçant les relations entre la péninsule et l’archipel à tel point que les Wa interviennent à plusieurs reprises dans les guerres internes coréennes en soutien du royaume de Baekje (Paekche).

À ne pas manquer

Alexandre Joly

Rédacteur | 📕 "Il y a, sans doute, beaucoup de langues différentes dans le monde, mais aucune n'est sans signification ; et si je ne connais pas le sens des mots, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle, à mon sens, sera un barbare." (Nouveau Testament | Corinthiens 14.10-11)