LE PLUS GRAND JARDIN JAPONAIS D’EUROPE À MAULÉVRIER

Jardin japonais, Japon

Situé en Maine-et-Loire, à 12 kilomètres au sud-est de Cholet, la charmante et modeste commune de Maulévrier abrite un magnifique parc oriental avec un grand jardin japonais. Construit au début du XXème siècle, abandonné pendant 35 ans et restauré, cet endroit unique a reçu de nombreuses récompenses et distinctions depuis 1990. Premier jardin des Pays de la Loire à être labellisé « Jardin remarquable » par le Ministère de la Culture, en 2004, il est surtout reconnu, avec ses 24 hectares, comme le plus grand parc d’inspiration japonaise en Europe. Ouvert huit mois de l’année au public amoureux de grands espaces verts et de paysages de rêve, le jardin, qui accueille plus de 100.000 visiteurs par an, peut même se visiter de nuit à certaines occasions. Avec un tel lieu en France, l’assurance de passer un moment exquis sous le signe du Japon est garanti, tout comme l’invitation au voyage et à l’évasion sans frontières.

UN BOUT DE JAPON EN FRANCE

Le symbolisme de l’eau dans le jardin japonais

Tout comme le pavillon du Japon à Walt Disney World qui présente en plein cœur de la Floride le plus beau de l’architecture traditionnelle japonaise, le parc oriental de Maulévrier affiche un magnifique tableau de ce qui se fait de plus délicat en matière de jardin japonais. L’entrée du parc ne laisse aucun doute sur l’inspiration initiale puisque c’est un imposant torii rouge, la porte d’entrée des sanctuaires shinto du Japon, qui vous accueille. Votre ticket d’entrée en poche, c’est un chemin bordé d’arbres et de plantes d’origine japonaise qui vous mène, au bout de quelques minutes, au cœur du parc. Le château Colbert, qu’il est possible de visiter aussi, se détache de façon imposante d’un côté tandis que le jardin japonais affiche ses couleurs chatoyantes de l’autre.

Le Japon n’est pas le seul pays asiatique représenté dans le parc oriental et le Cambodge a également une place honorable. Un magnifique pont Khmer qu’il faut emprunter pour accéder à « la Pagode » (ancien salon de thé transformé en espace d’information) et un temple Khmer renforcent l’exotisme des lieux. Occupant presque 1/3 de la surface paysagée, l’eau est l’élément principal du jardin avec un ruisseau, une rivière (la Moine) et surtout l’étang, le cœur de cet espace préservé. Le cours de l’eau est comparé au cycle de la vie et présente un symbolisme des plus remarquables : l’enfance est par exemple matérialisée par le ruisseau et ses petites chutes d’eau quand la vieillesse est évoquée par l’étang, symbole de calme, de méditation et de sagesse. Les carpes Koï ne sont pas en reste et semblent aussi vous inviter au voyage.

Les spots remarquables du parc oriental

La promenade autour de l’étang est paisible et ne peut qu’inviter le visiteur à l’évasion. Tout est agencé de façon à ce qu’il se sente dans un autre univers. Les paysages naturels se mêlent aux représentations mythiques tels que montagne, côtes rocheuses ou îles. Le point central de ce paysage magnifique est le pont rouge de notre photo d’illustration qui mène à « l’île de la Grue », reconnaissable à son torii de la même couleur. Le rouge sert de marqueur et signale la caractère sacré des lieux. À proximité, « l’île de la Tortue » rappelle l’importance de cet animal dans la culture japonaise, comme on peut l’apprécier dans son conte le plus ancien, Urashima Taro. Juste après, « la Colline de la Méditation » permet de prendre un peu de hauteur pour se laisser aller à la réflexion qu’un tel lieu suscite nécessairement. Le calme doit être préservé et rien ne saurait l’empêcher de s’exprimer.

Les photographes amateurs peuvent se laisser aller à toutes les fantaisies avec les innombrables points de repère qu’offre le parc, tels un impressionnant arbre parasol, le charmant Kamishibai (petit théâtre portatif ambulant dans lequel les artistes racontent des histoires en faisant défiler des illustrations), la statue Tamashii Taiko, la « butte aux azalées », la Corne d’or, élément d’un temple thaïlandais, ou encore l’embarcadère surmonté d’un phœnix. Le plan du jardin que propose le site officiel permet de s’en faire une idée plus précise avec des détails techniques et historiques très intéressants. Pour ce qui est de la végétation, elle est riche d’environ 400 espèces qui permettent au jardin de se transformer au gré des saisons et suivant leurs dates de floraison. Dans les hauteurs du parc enfin se dévoilent à vos yeux ébahis par tant de richesse le Pavillon des plantes pour admirer et/ou acheter des bonsai, un salon de thé avec un large choix de thés, une boutique proposant une gamme étoffée de produits originaires du Japon et un grand espace réservé aux activités du parc.

UN JARDIN JAPONAIS CENTENAIRE

L’œuvre d’un architecte français célèbre, Alexandre Marcel (1860-1928)

Si le site est aujourd’hui reconnu comme le plus grand parc d’inspiration japonaise en Europe, il n’a pas toujours eu cette dimension. Le parc faisait à l’origine partie de la propriété du Château Colbert qui fut fondé à partir de 1680, détruit pendant les guerres de Vendée (1793-1796) et reconstruit entre 1815 et 1830. Un parc d’inspiration romantique fut créé à cette occasion et ce n’est que bien plus tard, quand le château fut racheté à la fin du XIXème siècle, que la touche orientale fut apportée. Et c’est Alexandre Marcel, célèbre architecte parisien et gendre des nouveaux propriétaires, qui contribua à donner sa splendeur au jardin grâce notamment à des pièces d’architecture rachetées lors de la fermeture de l’Exposition universelle de Paris de 1900. Passionné d’orientalisme, la grande mode de l’époque, et en particulier de japonisme, il avait réalisé trois pavillons pour cette exposition, dont celui du Cambodge (les éléments visibles dans le jardin sont issus de moules ayant servi pour l’événement) et y avait remporté le grand prix. Il devint ensuite architecte de la couronne belge et fut à l’origine de nombreuses réalisations sur le plan international. Il fut même choisi en 1913 pour être l’architecte de la nouvelle ambassade de France à Tokyo, mais la Première guerre mondiale est venue réduire à néant ce projet.

Une restauration de grande qualité entreprise dans les années 80

Après la mort d’Alexandre Marcel en 1928, sa belle-famille continua d’occuper la propriété jusqu’en 1945. Dès lors, le parc se transforma en exploitation agricole et forestière avant d’être progressivement abandonné. Ce n’est qu’en 1980 qu’il a été racheté par la commune et classé au titre de site. Le parc a alors été défriché par des bénévoles et une association a été créée pour œuvrer à sa restauration à partir de photographies et de documents d’époque. Le travail réalisé est conséquent et la reconnaissance intervient en 1987 quand des professeurs japonais des universités horticoles de Tokyo et Niigata reconnaissent les 12 hectares du site classé comme étant inspirés de jardins japonais de la période Edo (1603-1868).

Également reconnu comme un des projets pilote en Europe pour la qualité de sa restauration et de sa valorisation, le parc oriental de Maulévrier peut s’appuyer sur la qualité des projets, animations et travaux réalisés par l’association. Avec notamment la quarantaine de « promenades nocturnes »  qui sont organisées chaque année de mai à septembre, le jardin japonais s’apprécie autrement. La visite est alors rythmée de contes japonais qui apportent une ambiance particulière au parc, faite de mystère, de magie, de rêve et de dépaysement. Avec aussi de nombreuses activités scolaires, des expositions et démonstrations d’arts orientaux (ikebana, kyudo), des journées d’exception (autour de jeux, peintures, concerts) et le Salon national du bonsai, c’est une somme impressionnante de découvertes autour du Japon que vous propose le parc oriental de Maulévrier.

INFORMATIONS SUR LE PARC ORIENTAL

Lieu :
Parc oriental de Maulévrier
Adresse :
Parc Oriental – Route de Mauléon
49360 MAULÉVRIER
Durée de visite recommandée :
De 2 à 3 heures
Site officiel :
www.parc-oriental.com
Ouverture
:
Du 15 mars au 15 novembre
Horaires  (variables suivant le mois et le jour) :
De 14h à 18 ou 19h
Et de 10h30 à 19h30 en juillet et août
Jardin de nuit :
De mai à septembre, tous les samedis soirs et veilles de jours fériés.
+ chaque mercredi soir en juillet et août.
Prix :
Adulte : 7,5 euros pour la visite de jour / 10 euros pour le jardin de nuit / 16 euros pour la visite jour et nuit
Réductions pour les étudiants, les personnes handicapées et les groupes.
Gratuit en-dessous de 12 ans.

À ne pas manquer

Michael Amerigo

Rédacteur en chef | 📕 "Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant, je vous dis que Salomon même, dans toute sa magnificence, n'était point vêtu comme l'un d'eux." (Nouveau Testament | Matthieu 6.28)