SUMO : TAKAKEISHO REMPORTE SON PREMIER TITRE AU KYUSHU BASHO 2018

Kyushu Basho 2018, Tournoi de sumo, Takaeisho

Dimanche 25 novembre 2018 s’est déroulée la dernière journée du tournoi de sumo de Fukuoka, le Kyushu Basho. Il est l’un des six grands tournois, honbasho, qui rythment la saison de sumo au Japon. Alors que le vainqueur d’un basho est, comme lors du tournoi de sumo de septembre, souvent connu quelques jours avant la fin de la quinzaine, ce n’est cette fois qu’à l’issue du dernier combat de sumo de l’ultime journée que la victoire s’est offerte au jeune komusubi (quatrième rang du sumo) Takakeisho.

Les Grands du sumo en perdition

Si le tournoi de sumo de septembre 2018 de Tokyo avait vu rivaliser les meilleurs rikishi du moment, il n’en a malheureusement pas été de même lors de ce basho. Avant même le début de la compétition, deux des trois yokozuna (premier rang du sumo), les Mongols Hakuho et Kakuryu, avaient déclaré forfait suite à des blessures et une endoscopie chirurgicale pour Hakuho. C’était donc une aubaine pour le troisième, le Japonais Kisenosato. Celui-ci affichait d’ailleurs une bonne humeur assez rare chez lui les jours qui précédèrent le tournoi de sumo.  Malheureusement Kisenosato a débuté de façon catastrophique la compétition, affichant quatre défaites historiques dans les annales du sumo lors des quatre premiers jours contre des sumotori de rangs inférieurs. Au cinquième jour, le directeur de son heya, son « écurie », annonçait qu’il abandonnait souffrant de son bras gauche. C’est le neuvième tournoi de sumo qu’il ne finit pas sur les dix derniers. Le débat sur sa retraite va donc être relancé.

Les yokozuna absents, c’était pour leurs rivaux du niveau inférieur, les ozeki (deuxième rang du sumo), l’occasion d’accrocher un yusho, une victoire, dans un tournoi. Sur les trois ozeki, ils sont deux à avoir décrocher un titre, et un seul pour chacun, lors d’un tournoi de sumo : Goeido en septembre 2016 et Tochinoshin lors du basho de janvier 2018. Le troisième, Takayasu, en dépit de très bons parcours n’a jamais réussi à s’imposer lors d’un tournoi de sumo, ne dépassant jamais les 12 combats gagnés. Goeido et Tochnoshin ont débuté de façon assez catastrophique leur campagne, bafouillant leur sumo avec 3 défaites pour deux victoires après cinq journées ! Les deux terminent néanmoins le tournoi kachikoshi , avec plus de victoires que de défaites.  Tochinoshin, auteur de belles prestations de force contre les poids lourds du sumo Kaisei et Ichinojo par yorikiri, a été trop irrégulier et Goeido, après une bonne série a abandonné.

Victoire et honneurs du sumo pour Takakeisho

Takayasu a quant à lui conclu son année de sumo comme il l’avait commencée, en terminant deuxième d’un tournoi avec 12 victoires pour trois défaites. Mais si en janvier il avait rapidement été distancé par Tochinoshin, il a cette fois suivi à la trace, une défaite en plus, le leader Takakeisho. Les deux hommes étaient par ailleurs à égalité au matin de la dernière journée puisque la veille Takayasu avait battu le komusubi dans ce qui s’apparentait à la première manche d’une finale. Mis en difficulté par une offensive fulgurante de son cadet, Takayasu a néanmoins pu résister sur le bord du dohyo et placer une contre-attaque faisant tomber à ses pieds, hikiotoshi, Takakeisho. Le monde de sumo attendait alors un match retour pour le dimanche 25 novembre si les deux hommes finissaient à égalité. Malheureusement, si Takakeisho n’a fait qu’une bouchée de son adversaire du jour, Takayasu n’a pas supporté la pression est s’est incliné face au sekiwake (troisième rang du sumo) Mitakeumi, vainqueur du tournoi de sumo de juillet.

Takakeisho remporte donc, à 22 ans, son premier tournoi de la division makuuchi. Titre agrémenté de deux distinctions : une pour performance exceptionnelle (il a battu le premier jour le yokozuna Kisenosato, puis les ozeki Goeido et Tochinoshin) et l’autre pour combativité. Sa combativité, nombreux sont les sumotoris à l’avoir ressentie : spécialiste des harite, grandes claques pour repousser son adversaire, beaucoup sont ressortis les joues rouges ou en sang. Petit avec son mètre soixante-quinze, le natif de Ashya, quartier chic de Kobe, compense par une grande vivacité. Il déstabilise ses adversaires dès le départ, le tachiai, en propulsant de façon fulgurante ses 170 kilos sur eux avant qu’ils n’aient fini de se déployer et les repousse. Fulgurante aussi est sa progression : deuxième année dans la division makuuchi et avec 42 victoires sur les quatre derniers tournois de sumo, il a des statistiques à prétendre au rang d’ozeki. C’est néanmoins trop tôt car il faut au minimum trois tournois dans la catégorie sanyaku. Il sera néanmoins l’attraction principale du tournoi de sumo en janvier.

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Alexandre Joly

Rédacteur | 📕 "Il y a, sans doute, beaucoup de langues différentes dans le monde, mais aucune n'est sans signification ; et si je ne connais pas le sens des mots, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle, à mon sens, sera un barbare." (Nouveau Testament | Corinthiens 14.10-11)